
Cooper Flagg pourrait franchir un cap décisif lors de sa deuxième saison NBA et devenir l’un des meilleurs joueurs de la ligue, tant en réel qu’en fantasy. Après des moyennes de 21,0 PPG, 6,7 RPG et 4,5 APG qui lui ont valu le titre de meilleure recrue, l’ailier des Dallas Mavericks a les moyens de progresser encore. Reste à savoir ce que cela exigera et jusqu’où il peut aller. Le retour de Kyrie Irving change aussi la donne.
Nous avons interrogé les experts fantasy basket Andre Snellings et Eric Moody sur l’avenir de la nouvelle figure des Mavericks.
Quelle progression attendre cette saison ?
Andre Snellings s’attend à un bond important, surtout au scoring. Selon lui, marquer est le meilleur de son large éventail de qualités. Lors de sa saison de recrue, son entraîneur de l’époque, Jason Kidd, lui a demandé de jouer meneur. Cette expérience a probablement enrichi son jeu global, mais elle a réduit son agressivité pour créer ses propres tirs. Cette saison, évoluant davantage sans ballon avec le feu vert pour scorer, Flagg pourrait approcher 30 PPG tout en conservant de solides statistiques annexes.
Eric Moody estime que Flagg peut décrocher sa première sélection au All-Star Game. Il pourrait augmenter ses moyennes par match en points, rebonds et passes. Flagg a réalisé trois matchs à au moins 45 points la saison dernière et montre déjà des signes d’une nouvelle progression. Il a inscrit 32 points lors du match d’ouverture contre les Rockets de Houston, puis 29 points et 11 passes décisives contre le Heat de Miami lundi soir. À seulement 19 ans, Moody attend de lui un scoring plus efficace grâce à l’expérience et à un meilleur entourage.
Ce qu’il doit faire pour exploiter son potentiel
Pour Andre Snellings, Flagg doit se montrer agressif aux deux bouts du terrain. En attaque, il doit être prêt à attaquer le cercle, provoquer des fautes et finir dans la raquette à chaque possession. Cette menace libérera son tir extérieur et créera davantage d’occasions de passes décisives. Il doit aussi être un rebondeur appliqué, même si la taille des Mavericks l’empêchera probablement de dominer régulièrement les planches. En défense, il doit être tout aussi incisif dans les lignes de passe et dans la protection du cercle. Snellings rappelle qu’à l’université, il a mené Duke en interceptions et en contres, ainsi qu’en points, rebonds et passes.
Eric Moody identifie le tir extérieur comme le principal axe de progrès. Flagg n’a réussi que 29,5 % de ses tirs à trois points la saison passée, et les défenseurs lui laissaient volontiers de l’espace sur le périmètre. Porter ce chiffre aux alentours de 35 % ouvrirait davantage de portes vers le panier. Moody souhaite aussi le voir être plus sélectif dans ses tirs à mi-distance. Il est déjà un excellent passeur et défenseur, et sa capacité à créer son propre tir est impressionnante pour son âge. Améliorer son efficacité au tir ferait passer son jeu offensif à un autre niveau.
L’impact du retour d’Irving
Selon Andre Snellings, le retour d’Irving, après une saison blanche, permet à Flagg de jouer aux côtés du meilleur meneur de sa carrière et du meilleur scoreur qu’il ait eu à ses côtés. Irving peut attirer l’attention défensive et offrir à Flagg des tirs plus ouverts, dans les zones où il aime marquer, bien plus que ce qu’il a obtenu en tant que recrue. La capacité d’Irving à shooter depuis tout le terrain ou à attaquer les défenses déséquilibrées après une ou deux dribbles devrait aussi accroître le potentiel de passes décisives de Flagg. Avec les deux sur le parquet, la défense adverse doit surveiller deux joueurs, ce qui facilite la tâche de chacun.
Eric Moody juge que ce retour changera beaucoup de choses. Flagg a passé beaucoup de temps à mener le jeu en tant que recrue, faute de meneurs établis à Dallas. Désormais, Irving peut assumer une grande partie de cette responsabilité tout en détournant l’attention défensive de Flagg. Cela devrait lui offrir davantage d’occasions d’attaquer les closeouts, de couper vers le panier et de marquer sans avoir à tout créer seul. Moody veut aussi voir comment Dusty May exploitera leur duo dans les situations de pick-and-roll. Flagg n’aura peut-être pas le ballon aussi souvent, mais cela ne signifie pas forcément une production moindre. Son efficacité au scoring pourrait nettement progresser.
Une comparaison historique
Andre Snellings se tourne vers deux anciens de Duke, Grant Hill et Jayson Tatum, pour établir des comparaisons statistiques. Tous trois sont des ailiers polyvalents, dotés d’une taille d’ailier fort et de qualités de meneur. Snellings estime toutefois que la production statistique de Flagg est plus avancée que celle de Hill ou de Tatum lors de leur deuxième saison. Il voit la production de Flagg comme un mélange entre la sixième saison de Hill (25,8 PPG, 6,6 RPG, 5,2 APG, 1,4 SPG, 0,6 BPG) et la cinquième de Tatum (26,9 PPG, 8,0 RPG, 4,4 APG, 1,0 SPG, 0,6 BPG). La moyenne de ces deux lignes statistiques donne une valeur attendue raisonnable pour Flagg, qui est légèrement meilleur contreur que chacun des deux et pourrait avoir davantage de marge comme scoreur.
Eric Moody pense plutôt à la deuxième saison de LeBron James. LeBron a inscrit 20,9 PPG en tant que recrue avant de passer à 27,2 PPG, 7,4 RPG et 7,2 APG lors de sa deuxième année. Moody précise qu’il n’affirme pas que Flagg deviendra LeBron, mais que les deux sont entrés dans la ligue avec une capacité inhabituelle à peser sur les matchs comme scoreurs, rebondeurs et meneurs de jeu. Il souligne aussi les excellents instincts défensifs de Flagg et son aisance face à la concurrence NBA. Moody croit que l’on va le voir franchir un cap similaire vers le statut de l’un des meilleurs joueurs complets de la ligue.
Un pari à considérer cette saison
Les cotes sont données par DraftKings et peuvent changer.
Andre Snellings miserait sur une sélection de Flagg dans un All-NBA Team à une cote intéressante de +600. Cela reste rare pour un joueur en deuxième saison : seuls 10 joueurs en deuxième année ont réussi cet exploit depuis 1989, le plus récent étant Luka Doncic. Or Doncic l’a fait sous les couleurs des Mavericks, ce qui pourrait ouvrir la voie à Flagg. S’il parvient à tourner entre 25 et 30 PPG avec de solides statistiques annexes, s’il reste assez en forme pour atteindre le minimum de 65 matchs et s’il qualifie les Mavericks pour les playoffs, Flagg a une chance raisonnable de suivre les traces de Doncic, à seulement 20 ans.
Eric Moody préfère miser modestement sur Flagg comme meilleur joueur en progression à la cote de 70 contre 1. Il rappelle que Flagg a affiché 21,0 PPG en tant que recrue, mais qu’une progression vers 26,0 PPG, 8,0 RPG et 6,0 APG cette saison est réaliste. Les cinq derniers lauréats de ce trophée ont augmenté leur moyenne au scoring d’au moins 5,6 PPG, si bien que Flagg pourrait devoir atteindre environ 27,0 PPG pour renforcer son dossier. Le défi tient au fait que les votants pourraient considérer un gros bond lors de la deuxième saison du Rookie of the Year en titre comme attendu. Toutefois, si Flagg devient All-Star et qualifie Dallas pour les playoffs, la conversation pourrait changer. À ces cotes, Moody estime que le pari en vaut la peine.