Quelles sont les options des Warriors alors que Kristaps Porzingis reste éloigné de l’équipe ?

Les Warriors de Golden State traversent une période d’incertitude au centre du terrain. Kristaps Porzingis, réengagé cet été, est toujours absent sans date de retour, et l’équipe, 1-3 à ce stade de la saison, examine désormais des pistes d’échange pour le pivot letton.

Pour ce qui est du contexte, Draymond Green, 36 ans et annoncé à 1,98 m, a débuté au poste de pivot lors du match d’ouverture de sa 15e saison NBA. Deux soirs plus tard, face aux Grizzlies de Memphis et leur ligne avant imposante, les Warriors ont dû aligner Graham Ike, un pivot à deux contrats issu de Gonzaga, en deuxième match seulement de sa carrière professionnelle. Al Horford, en sa 20e saison, ne peut pas assurer de longues minutes.

Dans les dernières secondes, Green a tenté de bloquer Zach Edey, qui mesure 2,16 m, mais il n’a pas réussi à le contenir sur un rebond défensif. Il a ensuite commis une faute d’antijeu décisive alors que les Warriors laissaient filer une avance de 12 points et tombaient à 0-2 pour la première fois depuis 2020-2021.

« On a ce qu’on a, a déclaré Green lorsqu’on l’a interrogé sur la situation fragile du poste de pivot. Alors il faut le faire fonctionner. »

Une absence qu’on préfère ignorer

Selon des sources internes, la saison dernière, les Warriors (37-45) ont souffert d’un état d’esprit fataliste face au calendrier et aux blessures. Cette année, ils ont donc adopté une approche sans excuses. Concernant Porzingis, cela signifie qu’on a choisi de l’ignorer. Depuis qu’il a prévenu, la veille du camp d’entraînement, qu’il ne se présenterait pas, la direction a demandé à Steve Kerr de préparer l’équipe comme si le pivot n’existait pas.

Le directeur général Mike Dunleavy et le responsable médical Rick Celebrini sont les seuls membres du staff à avoir gardé le contact avec Porzingis. Kerr, de son côté, a répondu de façon de plus en plus sèche aux questions à son sujet ces dernières semaines.

« Je ne sais pas, a répondu Kerr lorsqu’on lui a demandé un point récent. Je n’ai rien d’autre à ajouter. »

La décision de miser 20 millions de dollars sur Porzingis pèse lourd sur le début de saison et sur l’avenir incertain de l’équipe. Le soir de l’ouverture, le jour même où l’on apprenait que les Warriors commençaient à explorer des pistes d’échange, Walker Kessler a réussi 10 dunks, un record pour un pivot des Lakers depuis Shaquille O’Neal en 2003.

Au lendemain du match, Stephen Curry, pourtant toujours diplomate, a été interrogé sur l’absence indéterminée de Porzingis et son impact sur l’équipe. « Aaaah, a-t-il lâché en tapant sur la table, sa frustration visible. C’est difficile à tous points de vue. »

Curry a insisté à deux reprises sur l’aspect humain de la situation et a exprimé sa compassion pour Porzingis, qui a expliqué publiquement souffrir encore des séquelles d’une infection virale respiratoire contractée chez les Celtics de Boston deux saisons plus tôt. « On a toujours dit que la disponibilité était un facteur essentiel pour notre équipe, avec tous les joueurs absents, a déclaré Curry. Le poste de pivot est important pour nous, surtout avec ses qualités. Il est difficile d’en parler sans garder à l’esprit la dimension humaine. Mais c’est un vrai casse-tête. »

Des sources de l’équipe se montrent très pessimistes quant à un retour de Porzingis sous le maillot des Warriors. Son contrat, garanti seulement à hauteur de 3 millions de dollars pour la saison prochaine, pourrait toutefois aider l’organisation dans le cadre d’un échange.

Comment en est-on arrivé là ?

Le salaire actuel de Porzingis découle en fait de l’été 2025, marqué par l’une des négociations de free agency restreinte les plus étranges de ces dernières années. Dunleavy et les Warriors hésitaient à s’engager sur le long terme avec Jonathan Kuminga, mais estimaient qu’il avait plus de valeur et de potentiel que les offres de type sign-and-trade sur la table.

Ils ont donc tenu bon, puis ont fini par trouver un compromis avec Kuminga : un contrat de deux ans pour 46,8 millions de dollars, comprenant une option pour l’équipe et une exigence que le joueur renonce à sa clause implicite de non-échange. Les Warriors espéraient qu’il contribuerait, mais leurs intentions étaient suffisamment claires pendant les négociations pour que le camp du joueur ait eu le sentiment d’être transformé en exception salariale humaine.

En février, les Warriors ont transféré le contrat de Kuminga aux Hawks d’Atlanta en échange du contrat expirant de Porzingis, d’un montant de 30,7 millions de dollars. Ils conservaient ainsi une marge de manœuvre salariale, tout en pensant pouvoir gérer la santé du pivot suffisamment bien pour en tirer une production.

Le pari a plutôt bien fonctionné. Porzingis a joué 15 des 20 derniers matchs de l’équipe et a affiché des moyennes de 16,1 points, 5,3 rebonds et 1,1 contre. Fort de ces résultats, le staff et la direction médicale ont validé fin juin une prolongation de deux ans pour 40 millions de dollars, offerte à un joueur qui souhaitait poursuivre sa carrière NBA.

Les Warriors avaient toutefois prévu des garde-fous, conscients du risque important. Seuls 3 millions de dollars sur 20 sont garantis la deuxième saison. La prolongation a aussi été structurée pour permettre un échange immédiat, plutôt que d’attendre le 15 décembre.

Dunleavy et l’équipe pensaient néanmoins que Porzingis serait une pièce disponible de la rotation pendant une bonne partie de la saison, et pas seulement un contrat monnayable. Avant le camp, le staff technique se réjouissait d’une possible ligne avant composée de Yaxel Lendeborg, Green et Porzingis.

Porzingis s’est entraîné dans les installations de l’équipe la semaine précédant le camp et a participé à l’événement organisé par Jimmy Butler à San Diego fin septembre. Mais l’optimisme s’est vite dissipé : des sources présentes sur place ont décrit un joueur indifférent, peu enclin à participer aux matchs d’entraînement et aux séances physiques exigeantes, un signal d’alarme clair.

Quelles options pour les Warriors ?

Porzingis a appelé Dunleavy et s’est éloigné de l’équipe à la veille du camp, invoquant ce que la franchise a qualifié de problème de santé privé. Les Warriors lui ont d’abord laissé de l’espace, en s’attendant à ce qu’il revienne aux installations et reste auprès de ses coéquipiers et du staff médical.

Après une réunion avec Celebrini et Dunleavy début octobre, l’équipe a publié un communiqué annonçant son retour. Cela n’a pas duré. Porzingis n’est pas revenu aux installations, et l’organisation a changé son statut officiel : on est passé d’une absence pour « maladie générale », comme lors de ses absences de la saison précédente, à « pas avec l’équipe », un changement délibéré. Il ne peut plus s’agir d’une absence excusée.

Son refus de se présenter aux installations pourrait être considéré comme un manquement à ses obligations, un point déjà soulevé en interne selon des sources, et pourrait servir à tenter d’annuler l’intégralité de son contrat. Mais cette démarche poserait ses propres complications, à moins que Porzingis n’annonce sa retraite et ne rende volontairement tout l’argent.

Les Warriors sont actuellement à 20,4 millions de dollars au-dessus du seuil de la taxe de luxe. Effacer le salaire de Porzingis réduirait presque entièrement leur facture fiscale et les ferait repasser sous le premier seuil d’alerte (first apron), ce qui leur donnerait plus de flexibilité pour les échanges. Mais cela ne libérerait pas un outil majeur de construction d’effectif : ils ne pourraient alors signer, en agence libre, qu’un joueur au salaire minimum.

L’équipe a déjà connu une situation similaire il y a deux saisons. Elle avait signé De’Anthony Melton pour un contrat d’un an à 12,8 millions de dollars en juillet 2024. Il s’est déchiré le ligament croisé début novembre et a été déclaré forfait pour la saison.

Dunleavy avait alors négocié un échange avec les Nets de Brooklyn pour Dennis Schröder, réalisé dès le premier jour où ce dernier pouvait être échangé, le 15 décembre. L’opération ne leur avait coûté que deux seconds tours de draft, en solde net. Schröder a disputé 24 matchs avec les Warriors avant d’être envoyé dans le cadre d’un échange à la date limite, pour acquérir Butler.

Ce scénario pourrait constituer la voie privilégiée des Warriors dans la crise actuelle : utiliser un actif mineur pour obtenir un joueur utile de rotation en attendant, tout en conservant la possibilité de regrouper le contrat expirant de Porzingis pour un échange plus ambitieux à la date limite.

Mais, avec les nouvelles règles contre le tanking, aucun partenaire évident n’est prêt à céder un joueur utile contre un actif mineur, surtout en fin octobre. Dunleavy a déjà sondé le marché, selon des sources de la ligue, mais cette période est traditionnellement calme. Les directions d’équipe se contentent généralement d’évaluer leur effectif avant de prendre des décisions plus importantes, à l’approche de janvier et février.

Pour l’heure, les Warriors semblent prêts à patienter avec le contrat de Porzingis et à laisser le marché se dessiner, selon des sources de la ligue. Si le pivot acceptait de rendre une part importante de son salaire dans le cadre d’un rachat de contrat, son contrat expirant de 20 millions de dollars pourrait devenir encore plus attractif pour un futur partenaire d’échange cherchant un avantage financier.

Quel est le plan des Warriors en attendant ?

Le succès immédiat de Lendeborg a redonné le sourire à l’équipe et apaisé une partie des inquiétudes. Le rookie ailier a inscrit 31 points, 12 rebonds et 6 passes lors d’une large victoire surprise à Denver, lundi soir.

Sa puissance et sa taille (2,08 m, 109 kg) permettent aux Warriors de jouer en formation plus petite avec Green au centre, tout en paraissant plus costauds que lors de leurs précédents alignements en small ball. Lendeborg totalise 37 rebonds en quatre matchs.

Leur cinq de départ actuel (Lendeborg, Green, Curry, Brandin Podziemski et Gui Santos) affiche un bilan de +22 sur un échantillon encore réduit. Horford, limité à environ 20 minutes par match et incapable de jouer les matchs en back-to-back, a paru en forme lors de courtes apparitions.

Alors que l’équipe traverse une phase de semi-reconstruction, les Warriors donnent davantage leur chance à leurs jeunes joueurs, dans l’espoir de dénicher quelques pépites et d’améliorer leurs perspectives à long terme.

Ike a été titularisé lors de deux des quatre premiers matchs, mais il ne pourra disputer que 50 rencontres au total, sauf si les Warriors transforment son contrat à deux voies en contrat plein. Charles Bassey, pivot de 25 ans et joueur itinérant qui tente de s’imposer chez les Warriors après cinq clubs précédents, apporte un supplément de présence physique depuis le banc.

« J’aime l’état d’esprit de cette équipe, a déclaré Kerr. J’aime l’énergie, l’esprit. J’aime notre talent. Et je pense que nos deux jeunes intérieurs sont de bons joueurs. »

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